Quelles mesures à partir du 15 décembre ?

Le Premier ministre, accompagné du ministre des Solidarités et de la Santé, et du ministre de l’Intérieur, a présenté les principales évolutions de notre stratégie de lutte contre l’épidémie pour les semaines à venir.

 

Après une nette amélioration, la situation sanitaire marque le pas depuis plusieurs jours

 

La situation sanitaire en France s’est considérablement améliorée au cours des dernières semaines : le nombre de nouveaux cas quotidiens est passé de près de 50 000 à environ 10 000, soit une division par cinq. Alors que l’Allemagne ou l’Italie subissent de plein fouet un rebond de l’épidémie, la France est aujourd’hui l’un des pays d’Europe où la situation est le mieux maîtrisée.

Cette amélioration est due aux mesures que le Gouvernement a prises de manière suffisamment précoce, mais également aux efforts et au sens des responsabilités que les Français ont su consentir.

Cependant, depuis une semaine, notamment à cause des conditions météorologiques, cette amélioration marque le pas : le nombre de nouvelles contaminations ne se réduit plus et il tend même à légèrement ré-augmenter depuis quelques jours. Nous ne sommes pas encore arrivés au bout de cette deuxième vague et nous ne serons pas, le 15 décembre, à l’objectif que nous nous étions fixés de passer en dessous des 5 000 nouveaux cas par jour.

La situation est encore fragile : nous devons en tirer les conséquences et adapter les mesures que nous avions envisagées de prendre à l’échéance du 15 décembre.

A l’approche des fêtes de d’année, nous ne pouvons pas baisser la garde. Nous devons rester cohérents et appréhender les prochaines semaines avec beaucoup de vigilance. Si chacune et chacun doit pouvoir profiter des vacances et des fêtes, nous devons nous préserver d’un risque de rebond de l’épidémie. Nous devons tout faire pour éviter de commencer 2021 par un troisième confinement.

 

Une stratégie de déconfinement adaptée

Dans ce contexte, le Gouvernement, sous l’autorité du Premier Ministre a décidé d’adapter la stratégie de déconfinement. Ainsi, le 15 décembre prochain, les règles vont changer, mais elles seront plus strictes que ce que nous avions initialement envisagé.

 

Dès le 15 décembre, rétablissement d’un couvre-feu à 20h, le 31 décembre compris

Comme nous l’avions prévu, le confinement sera levé le 15 décembre et nous établirons un couvre-feu strict, dès 20h – et non à 21h comme nous l’avions envisagé initialement.

Ainsi, à partir du 15 décembre, les règles régissant nos déplacements évolueront :

  • l’attestation ne sera plus obligatoire pour se déplacer pendant la journée ;
  • les déplacements entre régions seront autorisés ;
  • en revanche, les déplacements seront interdits de 20h à 6h, sauf exception (motifs professionnels, familiaux impérieux, missions d’intérêt général, raisons médicales, personnes en situation de handicap et leur accompagnant, besoins des animaux de compagnie).

Depuis le début du confinement plus de 2,9 millions de contrôles ont été menés, et la police a dressé plus de 285 000 verbalisations. Dans les prochains jours, les contrôles seront renforcés : il est fondamental que les règles de ce couvre-feu soient respectées pour qu’il soit parfaitement efficace.

Étant donnée la situation sanitaire, ce couvre-feu concernera également le réveillon du 31 décembre. Parce qu’il est un moment particulièrement festif, le réveillon concentre tous les ingrédients d’un rebond épidémique. La situation sanitaire ne nous le permet pas.

Noël occupant une place à part dans nos vies, pour les familles et nos traditions, le Gouvernement a fait le choix d’autoriser les déplacements pour la soirée du 24 décembre. Il convient cependant de rester particulièrement vigilants à l’approche de ces moments attendus, en particulier si l’on prévoit de retrouver une personne âgée ou vulnérable.

 

Les établissements recevant du public qui devaient rouvrir au 15 décembre resteront fermés trois semaines de plus

Pour limiter les déplacements et les risques de contamination, les cinémas, théâtres, salles de spectacle, musées, mais aussi les enceintes sportives, les cirques, les parcs zoologiques ou encore les salles de jeux et les casinos resteront fermés trois semaines de plus.

Par ailleurs, les règles posées récemment pour les lieux de culte ne seront pas revues à la hausse.

Bien que tous ces établissements disposent de protocoles sanitaires exigeants, la logique que nous devons suivre est d’éviter de générer de nouveaux les flux, d’accroître les concentrations, les brassages de public, à un moment où nous devons continuer de les réduire autant que possible.

Nous réexaminerons la possibilité de les rouvrir à partir du 7 janvier, en fonction de la situation sanitaire au lendemain des fêtes de fin d’année. D’ici là, tous nos dispositifs d’accompagnement économiques, à la fois généraux et propres aux établissements culturels, sont bien évidemment maintenus.

 

Un accompagnement renforcé pour continuer de soutenir les acteurs sinistrés

Nos dispositifs de soutien sont sans doute parmi les plus ambitieux et donc les plus protecteurs d’Europe. Face à la deuxième vague, nous les avons encore renforcés, en veillant à ce qu’elles soient accessibles aisément :

  • depuis le 4 décembre, ce sont 2 milliards d’euros d’aides qui ont été versés à 372 000 commerces, fermés en novembre ;
  • ce sont 1,6 million de salariés qui bénéficient aujourd’hui de l’activité partielle, dont le niveau d’indemnisation restera inchangé jusqu’à fin janvier ;
  • le fonds de solidarité sera désormais ouvert aux exploitants agricoles travaillant avec le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, ainsi qu’aux sous-traitants de l’événementiel ;
  • des concertations sont engagées avec les élus de montagne et les professionnels du sport d’hiver pour mieux calibrer les dispositifs d’indemnisation ;
  • à la demande du ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, les assureurs ont pris de nouveaux engagements pour répondre aux difficultés rencontrées par le petites entreprises et les PME des secteurs sinistrés.

Depuis le début de cette crise, nous veillons à ne laisser personne au bord du chemin. Nous poursuivons cet engagement, au moment où la crise économique, engendrée par la crise sanitaire, accroît ses effets sociaux et psychologiques, notamment sur les plus précaires et les plus fragiles.

 

Un pas de plus dans notre stratégie tester-alerter-protéger

 

Parce qu’il s’agit d’un levier essentiel, à la fois pour mieux connaître l’épidémie, pour en contenir la progression et pour permettre l’accès aux soins le plus précocement possible, nous devons aller encore plus loin dans notre stratégie tester-alerter-protéger :

1.Tester : grâce à la mobilisation des laboratoires, soutenue à partir du 15 décembre par un dispositif de bonus/malus, nous voulons approcher le 100% de résultats en 24h. Nous allons également augmenter le nombre de tests, grâce au déploiement de nouveaux tests antigéniques. Par ailleurs, quatre opérations de tests massifs seront déployés dans les prochaines jours dans la métropole Le Havre Seine, à Ardenne Métropole (Charleville-Mézières), ainsi qu’à Roubaix et Saint-Etienne.

2. Alerter : nous allons renforcer les moyens humains mobilisés pour nos actions de traçage.

3. Protéger : l’absence de consensus autour de cette option nous pousse à écarter la piste de l’isolement obligatoire. Pour mieux accompagner les Français dans leur isolement, nous allons proposer à chaque personne diagnostiquée positive une visite à son domicile, afin de proposer des conseils d’isolement, mais également des tests antigéniques pour les personnes vivant dans le même foyer. Pour veiller au respect de l’isolement, nous travaillons à une charte qui sera remise aux patients testés positifs, les engageant à respecter un ensemble de conseils d’isolement.

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