Retraites : contre l’hypocrisie de certains, nous assumons une réforme de progrès !

 

Trop longtemps, les Français ont souffert de l’immobilisme et des postures politiciennes de leurs dirigeants. L’opposition démontre, une fois encore, qu’elle est incapable d’en tirer les leçons. Contre l’hypocrisie de certains, nous assumons une réforme de progrès.

Oui, la réforme des retraites est une réforme de progrès. Oui, nous assumons de vouloir mener à bien cet engagement que nous avons pris devant les Français. Oui, nous assumons de proposer un système universel pérenne et équitable. C’est cet esprit de responsabilité qui anime notre majorité depuis près de trois ans. Un esprit qui contraste avec l’hypocrisie qui souffle ces derniers temps sur les bancs de gauche et de droite de notre hémicycle. Cette hypocrisie, c’est celle de Jean-Luc Mélenchon qui qualifie aujourd’hui l’obstruction d’invention, lui qui voilà dix jours assumait publiquement et explicitement la stratégie de son groupe parlementaire. Hypocrisie du groupe socialiste et des Républicains qui dénoncent un « coup de force », oubliant par-là les 88 usages du 49.3 par leurs représentants sous la Vème République. Oubliant également que pas un d’entre eux n’a, malgré 24 révisions de notre constitution, remis en cause ce fameux article. Hypocrisie de la France Insoumise qui vote la motion de censure du groupe Les Républicains tout en expliquant être en désaccord total avec ce qu’elle contient. Hypocrisie plus largement de ceux qui, votant la censure du gouvernement, préfèrent changer de gouvernement plutôt que de réformer un système qu’ils s’accordent en majorité à trouver injuste, illisible et inadapté.

L’objectif de nos oppositions était clair : que ce texte ne voit jamais le jour, quel qu’en soit le coût pour nos institutions et notre démocratie. L’examen du texte aura duré 116 heures, l’un des débats les plus longs de notre Assemblée, ponctué de multiples rappels au règlement et suspensions de séance. Pourtant, seuls 7 articles sur 65 ont pu être votés. Sur près de 42 000 amendements environ 30 000 restaient encore en discussion. Nombre d’entre eux, déposés en de multiples exemplaires identiques, ne visaient qu’à remplacer un mot par un voire plusieurs de ses synonymes… L’issue était donc inévitable : utiliser un dispositif inscrit dans notre Constitution et destiné à éviter la paralysie de l’Assemblée nationale. « L’expérience a conduit à prévoir […] une disposition quelque peu exceptionnelle pour assurer, malgré les manœuvres, le vote d’un texte indispensable » disait Michel Debré.

Cette réforme sur laquelle nous nous sommes engagés est, rappelons-le avec force, une réforme de progrès inédite, qui ouvre de nouveaux droits au profit des plus vulnérables ; protège mieux les femmes, les personnes aux personnes aux carrières hachées, les agriculteurs, les commerçants, les artisans ; augmente la redistribution des plus aisés vers les plus modestes ; garantit la pérennité de notre système par répartition sans laisser peser sur les générations à venir l’incertitude et le fardeau du déficit ; préserve le pouvoir d’achat des retraités en indexant l’évolution de la valeur du point sur les revenus et l’évolution du niveau des pensions sur celui de l’inflation ; respecte les choix individuels en instaurant des transitions longues vers le système universel. Voilà les mesures concrètes sur lesquelles aurait dû porter notre débat parlementaire si celui-ci avait été sincère.

Pour autant, le travail parlementaire aura montré une fois de plus son utilité. Il aura permis d’enrichir le texte proposé par le gouvernement de nombreuses avancées sur lesquelles les députés travaillent depuis des mois. Je me suis par exemple battue sur la question des droits familiaux afin de s’assurer que la majoration accordée pour la naissance d’un enfant soit la plus protectrice possible pour les femmes, et notamment celles aux revenus les plus faibles. Le texte qui sera transmis au Sénat est donc un texte enrichi, incorporant 300 amendements de la majorité comme de l’opposition et reflétant l’avancée des négociations avec les partenaires sociaux.

Le 49.3 tue l’obstruction mais ne tue pas le débat. Ce travail parlementaire doit désormais se poursuivre, au Sénat et à l’Assemblée. Tout comme doivent se poursuivre les négociations avec les partenaires sociaux sur les questions essentielles que sont le financement ou la pénibilité. Nous mènerons cette réforme à son terme, avec tous ceux qui souhaitent construire le système de retraites du XXIème siècle.

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